Réforme agraire et transformation des systèmes alimentaires: de l'engagement à l'action lors de la conférence ICARRD+20

04/03/2026

Dans le cadre de la Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural (ICARRD+20), le Pôle de coordination des systèmes alimentaires des Nations Unies a organisé l'événement parallèle «Terre, équité et systèmes alimentaires résilients: enseignements tirés du Bilan 4 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires et des Feuilles de route nationales», reliant le débat mondial sur la réforme agraire au programme de transformation des systèmes alimentaires.

La session a rassemblé les résultats du Bilan 4 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires (UNFSS+4) et son appel à l'action, qui a réaffirmé que la transformation des systèmes alimentaires nécessite un changement structurel. Au total, 130 pays, avec le soutien actif des équipes de pays des Nations unies, ont défini des feuilles de route nationales intégrées et multisectorielles pour la transformation des systèmes alimentaires. Le défi consiste désormais à intégrer la terre, le climat, la nutrition et les finances dans une architecture unique de politiques publiques.

Dans son discours d'ouverture, Michela Espinosa (FAO) a souligné que la transformation des systèmes alimentaires ne peut se construire sur des bases rurales inégales. Elle a fait remarquer que la réforme agraire est structurelle pour la résilience climatique, la cohésion territoriale et la sécurité alimentaire.

Juana Giraldo, du Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, a rappelé que l'inégalité dans l'accès à la terre et la faiblesse de la gouvernance territoriale restent des obstacles systémiques. La mise en œuvre des feuilles de route nationales nécessite un renforcement de la gouvernance intersectorielle et une participation significative de toutes les parties prenantes.

Représentant le gouvernement brésilien, Valeria Burity a souligné que la transformation nécessite des États forts, des politiques cohérentes et des budgets durables, avec des investissements décisifs dans l'agriculture familiale et l'agroécologie.

Le chercheur Felipe Roa-Clavijo a souligné que les données disponibles établissent un lien entre la sécurité foncière et la réduction de la pauvreté rurale et l'amélioration de la sécurité alimentaire. Il a appelé à mesurer la transformation non seulement en termes de productivité, mais aussi d'équité et de bien-être.

Juliana Millán, s'exprimant du point de vue de l'agriculture familiale, a rappelé aux participants que la terre n'est qu'un point de départ: sans accès aux marchés, aux infrastructures et à des politiques favorables, les communautés ne peuvent pas prospérer. Elle a affirmé que les solutions locales transforment déjà les systèmes alimentaires et doivent être reconnues comme des éléments clés.

Animée par María Inés Salamanca (ONU Femmes), la discussion a réaffirmé que la gouvernance foncière est une condition structurelle de la durabilité et que la réforme agraire, l'Action pour le climat, la nutrition et le développement rural font partie de la même équation.

En conclusion, Nils Grede (PAM) a été clair: le succès de l'ICARRD+20 ne se mesurera pas en déclarations, mais en moyens de subsistance ruraux plus résilients, plus productifs et plus inclusifs. La réforme agraire, l'Action pour le climat et la sécurité alimentaire ne sont pas des programmes parallèles, mais des piliers interdépendants de la transformation.

L'événement a délivré un message fort : pour progresser vers des systèmes alimentaires durables, il faut une cohérence des politiques, des investissements alignés et des partenariats solides afin de transformer structurellement les territoires ruraux.