Les pays africains renforcent les liens entre les systèmes alimentaires, l'Action pour le climat et la résilience lors d'un dialogue régional au Caire
Le Caire, Égypte | 15 juillet 2026 – Les coordonnateurs nationaux des concertations sur les systèmes alimentaires, les points focaux pour l’action pour le climat de la CCNUCC et les partenaires régionaux se sont réunis au Caire afin de renforcer les liens entre la transformation des systèmes alimentaires, l’action pour le climat et le renforcement de la résilience à travers l’Afrique.
Ce « Dialogue régional de l’Initiative pour la convergence de la transformation des systèmes alimentaires et de l’action pour le climat », d’une durée de trois jours, a marqué le premier dialogue régional en Afrique dans le cadre de l’Initiative pour la convergence du Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires. Organisé en collaboration avec le Centre international du Caire pour la résolution des conflits, le maintien de la paix et la consolidation de la paix (CCCPA), et en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation alimentaire mondial (PAM), l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et d’autres partenaires, ce dialogue visait à aider les pays à mieux articuler leurs efforts nationaux en matière de systèmes alimentaires, de climat et de résilience.
Des participants issus de 13 pays d’Afrique de l’Est et du Nord ont pris part à des sessions techniques, à des études de cas par pays et à des échanges entre pairs, réunissant ainsi les Coordonnateurs nationaux des concertations sur les systèmes alimentaires et les points focaux sur le climat, qui n’ont pas toujours l’occasion de planifier conjointement leurs actions. Les discussions ont porté sur des moyens concrets de renforcer la coordination, de développer la résilience et de soutenir les priorités définies par les pays.
Khaled Eltaweel, coordinateur principal de programme au Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, a déclaré que de nombreux pays disposaient déjà de stratégies nationales solides, mais qu’une meilleure coordination entre elles était essentielle : « Le problème n’est pas un manque de stratégies nationales. Le problème réside dans la faible interconnexion entre elles. L’Initiative pour la convergence aide les pays à combler ces lacunes. »
Ce dialogue s’est déroulé dans un contexte difficile. Le changement climatique, les conflits, l’insécurité alimentaire et les pressions économiques se renforcent de plus en plus mutuellement à travers le continent. Plus de 307 millions de personnes en Afrique souffraient de la faim en 2024, tandis que les systèmes alimentaires eux-mêmes représentent environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les participants ont convenu que ces défis qui se recoupent nécessitent une action coordonnée entre les secteurs, les institutions et au-delà des frontières nationales.
L’ambassadeur Peter Mollema, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en Égypte, a fait écho à ce message : « Le changement climatique ne s’arrête pas aux frontières. Aucun pays ne peut résoudre ce problème à lui seul. »
Au cours de ces trois jours, plusieurs priorités se sont dégagées. Les participants ont souligné l’importance de rapprocher les systèmes alimentaires, le climat, la biodiversité et la planification de la réduction des risques de catastrophe, plutôt que de traiter chacun de ces aspects de manière isolée. Les cadres existants – notamment le Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la Déclaration et le Plan d’action de Kampala du CAADP, ainsi que le Cadre de Sendai – constituent une base solide pour ce travail.
Les discussions ont également mis en évidence le rôle des systèmes alimentaires dans le renforcement de la résilience. Outre l’amélioration de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance, les investissements dans des systèmes alimentaires durables peuvent contribuer à réduire les émissions, à restaurer les écosystèmes et à mieux préparer les communautés à faire face à de futurs chocs grâce à des mesures telles que la restauration des terres, les solutions fondées sur la nature et une meilleure gestion de l’eau.
Comme l’a souligné Abdulhakim Elwaer, directeur général adjoint de la FAO et représentant régional pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord : « La résilience signifie bien plus que se remettre d’un choc. Elle consiste à permettre aux systèmes agroalimentaires de prévenir, d’anticiper, d’absorber, de s’adapter et de se transformer face aux risques. »
Le financement de la résilience a constitué un autre axe majeur. Les participants ont appelé à un accroissement des investissements dans la préparation, à un soutien accru aux actions anticipatives et à un meilleur accès au financement permettant aux pays de réagir avant que les crises ne s’aggravent. Ils ont également souligné la nécessité de disposer de modèles de financement plus prévisibles et plus flexibles pour soutenir la résilience à long terme.
Samer Abdeljaber, directeur régional du PAM pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe de l’Est, a insisté sur l’importance d’agir avant que les catastrophes ne se produisent :
« Le financement n’a d’impact que si les partenaires et les gouvernements sont prêts avant que le choc ne survienne. »
Les discussions ont également permis d’identifier un certain nombre de priorités concrètes pour renforcer la résilience. Parmi celles-ci figuraient des systèmes d’alerte précoce plus performants, un meilleur accès à des données fiables, des approches menées par les communautés, la réduction des pertes après récolte et un recours accru aux technologies numériques. Les participants ont également souligné que les femmes, les jeunes et les communautés locales devaient être au cœur de la conception et de la mise en œuvre de systèmes alimentaires résilients.
Le dialogue s’est conclu par un accord sur plusieurs mesures de suivi, notamment la création d’un réseau technique du Dialogue sur la résilience en Afrique afin de favoriser l’apprentissage entre pairs, de renforcer les partenariats et de partager des outils pratiques et des expériences entre les pays. Les participants ont également convenu que les résultats du Dialogue seraient présentés lors du Forum d’Assouan pour la paix et le développement durables et soumis aux instances compétentes de l’Union africaine afin de contribuer à la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala et d’autres engagements régionaux.
L’ambassadeur Seif Kandeel, directeur général du Centre international du Caire pour la résolution des conflits, le maintien de la paix et la consolidation de la paix (CCCPA), a déclaré que les discussions du Dialogue contribueraient à définir l’ordre du jour du sixième Forum d’Assouan pour la paix et le développement durables, garantissant ainsi que les partenariats et les recommandations pratiques élaborés au Caire continuent d’orienter la coopération régionale en matière de systèmes alimentaires, d’Action pour le climat et de résilience.
