Financer la transformation des systèmes alimentaires
Le financement est au cœur de la transformation des systèmes alimentaires ; il détermine à la fois l'ampleur des objectifs et le rythme du changement. Des engagements mondiaux à la mise en œuvre au niveau national, il est essentiel de renforcer la manière dont les ressources sont mobilisées, ciblées et utilisées pour combler les déficits de financement et mettre en place, à grande échelle, des systèmes alimentaires résilients, inclusifs et durables.
INTRODUCTION
Le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires de 2021 (UNFSS) a marqué un tournant dans les engagements mondiaux en faveur du financement de la transformation des systèmes alimentaires – qu'il s'agisse des budgets nationaux, du financement du développement ou des investissements du secteur privé.
BILAN 2 ANS APRÈS LE SOMMET DES NATIONS UNIES SUR LES SYSTÈMES ALIMENTAIRES
Au Bilan 2 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires, une lacune majeure est apparue : le manque de données fiables permettant de suivre les flux financiers vers les systèmes alimentaires. Les informations financières sont essentielles pour identifier les opportunités, anticiper les défis et concevoir des stratégies de financement qui mobilisent, débloquent et réorientent les sources de financement de manière complémentaire, en conciliant les besoins à court terme et les investissements transformateurs à long terme.
Pour y remédier, le FIDA et la Banque mondiale, en tant que co-responsables du programme de financement, l’ont articulé autour de trois priorités interdépendantes :
- Renforcer les données factuelles pour soutenir les gouvernements dans leurs stratégies de financement et garantir la responsabilité dans l’augmentation des financements pour le développement ;
- Faciliter l’accès des pays aux guichets de financement destinés à la transformation des systèmes alimentaires ;
- Soutenir les programmes novateurs qui mobilisent des investissements transformateurs du Secteur privé.
BILAN 4 ANS APRÈS LE SOMMET DES NATIONS UNIES SUR LES SYSTÈMES ALIMENTAIRES
Au Bilan 4 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires, la question du financement était revenue au premier plan. Le travail mené par Le Pôle, par l'intermédiaire du FIDA et de la Banque mondiale, a joué un rôle déterminant pour rassembler les institutions financières internationales (IFI) afin de produire, pour la première fois, des données factuelles sur leur contribution spécifique au financement des systèmes alimentaires. La quasi-totalité des financements des IFI est désormais orientée vers des investissements structurels à long terme, et de nouveaux engagements de la part des IFI sont en cours pour accélérer encore davantage la transformation des systèmes alimentaires.
QUELS SONT LES ENJEUX AUJOURD'HUI ?
Les enjeux liés au financement des systèmes alimentaires sont considérables.
L'AMPLEUR DU DÉFI FINANCIER
L'UNFSS estime que la transformation des systèmes alimentaires nécessitera entre 300 et 400 milliards de dollars par an, soit moins de 0,5 % du PIB mondial. Le financement d'un système capable de fournir à tous une alimentation nutritive, durable et résiliente est à notre portée, mais cela nécessite une volonté politique, des mécanismes de financement innovants pilotés par les pays eux-mêmes, ainsi que des partenariats solides.
Les populations des pays les moins avancés (PMA) sont les plus touchées par les défaillances des systèmes alimentaires, alors que leurs gouvernements se heurtent aux obstacles les plus importants pour mobiliser des capitaux. Il est essentiel de renforcer leur capacité à mobiliser et à utiliser efficacement les financements provenant de diverses sources pour faire progresser les feuilles de route nationales pour la transformation des systèmes alimentaires.
Il est essentiel d'investir dans les petits exploitants et l'agriculture primaire. Les petits exploitants gèrent 84 % des exploitations agricoles mondiales et produisent un tiers de la production alimentaire mondiale, tandis qu'une grande partie des personnes en situation d'extrême pauvreté dépendent des systèmes alimentaires pour leur subsistance. Placer les petits exploitants au centre est essentiel pour éliminer la faim et mettre en place des systèmes alimentaires plus durables, plus équitables et plus résilients.
LA SITUATION ACTUELLE
Combler le fossé et accélérer les mesures
Depuis le Sommet des Nations unies sur le financement du développement (UNFSS), certains pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) ont accru leurs ressources nationales, et le financement extérieur du développement a augmenté, ce qui témoigne de la volonté des donateurs d’honorer leurs engagements en matière de financement du développement. Cependant, les investissements publics et privés restent encore bien en deçà des besoins, freinés par une économie mondiale fragile, des crises multiples et des besoins humanitaires croissants.
Au Bilan 4 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires, trois messages clés se sont dégagés :
- Le leadership des pays est essentiel : Les pays à revenu faible ou intermédiaire doivent diriger leurs stratégies de financement en assemblant la combinaison adéquate d’instruments adaptés à leur contexte.
- Les solutions de financement menées par les pays gagnent du terrain : La plateforme Bilan 4 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires, qui met en relation les jeunes entrepreneurs agricoles africains et les dirigeants publics, démontre l’intérêt de déployer à grande échelle les innovations nationales.
- L’intelligence financière est essentielle : De meilleures données et analyses sont nécessaires pour aider les décideurs à comprendre le rôle de chaque acteur dans l’écosystème de financement alimentaire d’un pays.
Aujourd'hui plus que jamais, la vision du financement des systèmes alimentaires doit être audacieuse, claire et urgente. Il est essentiel de mobiliser et d'optimiser les sources de financement existantes et nouvelles, tout en développant à grande échelle des investissements qui changent la donne.Les décisions prises aujourd'hui détermineront si le monde sera capable d'inverser la tendance à la hausse de la faim et de mettre en place des systèmes alimentaires plus résilients, inclusifs et durables.
RESSOURCES
Libérer les financements pour la transformation des systèmes alimentaires : comment le volet Systèmes alimentaires du Fonds commun pour les ODD aide les pays à passer des engagements à un financement à grande échelle
Cette note explique comment le Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, le Fonds commun pour les ODD et l’ensemble du système des Nations unies aident les pays à faire progresser leurs feuilles de route nationales pour la transformation des systèmes alimentaires grâce à des portefeuilles de projets prêts à être financés, et à mobiliser des flux financiers plus importants et plus cohérents.
Définitions
Les subventions et prêts au développement accordés au secteur public, aux ONG internationales et aux organisations multilatérales qui comportent une composante de subvention respectant les seuils de l'aide publique au développement (APD). Les critères de l'APD sont définis par les membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE. Les financements au développement qui ne répondent pas à ces critères sont classés dans la catégorie « autres flux officiels ».
Opérations du secteur public qui ne répondent pas aux critères de l'APD, soit parce qu'elles ne visent pas principalement le développement, soit parce qu'elles ne sont pas suffisamment concessionnelles. L'OOF désigne les flux financiers provenant de donateurs bilatéraux et multilatéraux à destination des pays en développement et fait partie des financements déclarés au CAD de l'OCDE. Les OOF mobilisent des ressources financières qui complètent l'APD et couvrent toute une gamme de transactions officielles, notamment : Les OOF n'incluent pas les crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public, qui sont déclarés séparément dans les statistiques du CAD. Ils complètent l'APD en élargissant l'éventail des flux financiers officiels à la disposition des pays en développement, en particulier pour les secteurs financièrement viables ou les projets nécessitant un niveau de concessionnalité inférieur à celui de l'APD.
- Les prêts aux secteurs public et privé qui ne répondent pas aux critères permettant de les qualifier d’APD.
- Les dons liés à des objectifs commerciaux plutôt qu’à des objectifs de développement directs.
- Les subventions accordées à des entreprises privées visant à réduire le coût du crédit commercial pour les pays en développement.
- Prêts ou dons officiels destinés à encourager les investissements du secteur privé à l'étranger, par exemple en soutenant les entreprises des pays donateurs qui investissent dans les pays en développement.
L'OOF n'inclut pas les crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public, qui sont déclarés séparément dans les statistiques du CAD. Il complète l'APD en élargissant l'éventail des flux financiers officiels mis à la disposition des pays en développement, en particulier pour les secteurs ou projets financièrement viables nécessitant un niveau de concessionnalité inférieur à celui de l'APD.
Financement du développement assuré par des fondations philanthropiques privées.