Le rapport du Secrétaire général souligne la dynamique croissante en faveur de la transformation des systèmes alimentaires alors que les pays se tournent vers 2030
©IISD/ENB Kiara Worth
Alors que les gouvernements se réunissent dans le cadre du Forum politique de haut niveau pour le développement durable (HLPF), un nouveau rapport du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, met en évidence la dynamique mondiale croissante en faveur de la transformation des systèmes alimentaires, qu’il décrit comme un moteur de plus en plus important du progrès vers la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
Publié en amont du HLPF, le rapport Cinq ans après le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires : progrès, lacunes et priorités à l’horizon 2030 dresse un bilan de l’évolution du programme mondial relatif aux systèmes alimentaires depuis le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires de 2021. Il conclut que les pays intègrent de plus en plus les systèmes alimentaires dans leurs stratégies nationales de développement et s’en servent pour relever des défis interdépendants, notamment la sécurité alimentaire, la nutrition, le changement climatique, la biodiversité, les moyens de subsistance et la résilience économique.
Le rapport indique que 130 pays ont désormais élaboré des feuilles de route nationales pour la transformation des systèmes alimentaires, avec le soutien d’un réseau croissant de coordonnateurs nationaux des concertations sur les systèmes alimentaires, tandis que 39 pays ont déjà actualisé ces feuilles de route pour en faire des plans de mise en œuvre plus détaillés. Il souligne également l’intensification des rapports nationaux et l’engagement soutenu des gouvernements, des entités des Nations unies, de la société civile, des instituts de recherche et du Secteur privé.
Une grande partie de cette dynamique a été entretenue grâce aux bilan mondiaux organisés régulièrement en 2023 et 2025, ainsi qu’aux examens régionaux annuels des progrès accomplis, qui rassemblent les pays pour partager leurs expériences, identifier les défis communs et renforcer la collaboration. Selon le rapport, ces processus ont contribué à maintenir les systèmes alimentaires au cœur de l’agenda international du développement durable, tout en veillant à ce que les pays continuent d’apprendre les uns des autres à mesure que leurs priorités nationales évoluent.
Le rapport du Secrétaire général de l’ONU souligne également le rôle joué par le Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires dans le soutien de cet effort mondial. Depuis sa création en 2022, le Pôle a contribué à renforcer la coordination au sein du système des Nations unies et d’un écosystème plus large de partenaires, tout en accompagnant les pays dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs Feuilles de route nationales en matière de systèmes alimentaires. Grâce à des réunions mondiales et régionales, à un engagement soutenu auprès des Coordonnateurs nationaux et à une collaboration entre les gouvernements, les partenaires de développement, la société civile (y compris les Jeunes), les instituts de recherche et le Secteur privé, Le Pôle a contribué à assurer la continuité entre les processus mondiaux et les priorités nationales.
La transformation des systèmes alimentaires se déroule dans un contexte marqué par l’alourdissement de la dette, le resserrement de la marge de manœuvre budgétaire et des crises qui se chevauchent. Pourtant, même dans cet environnement difficile, le rapport identifie la mobilisation de financements comme l’un des domaines où les progrès sont les plus marqués. Alors même que l’aide publique au développement diminue, des investissements catalytiques commencent à débloquer des flux plus importants de financements publics et privés.
Parmi ceux-ci figure le volet « Transformation des systèmes alimentaires » du Fonds commun pour les ODD, mis en place avec le soutien du Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires. Depuis son lancement en 2024, cette initiative a investi 32 millions de dollars américains au cours de deux cycles de financement, rassemblant 14 entités des Nations unies sous l’égide des coordinateurs résidents dans 26 pays. Ces programmes devraient mobiliser plus de 360 millions de dollars de financements supplémentaires auprès des gouvernements, des institutions financières internationales, des banques nationales et des partenaires du Secteur privé d’ici 2027.
Le rapport met également en avant la dernière série de programmes axés sur l’investissement lancés en 2026, notamment au Cameroun, où le soutien apporté contribue à renforcer l’architecture nationale de financement, à réduire les risques liés à l’investissement et à établir de nouveaux partenariats susceptibles d’accroître le financement des systèmes alimentaires durables au cours des prochaines années.
Malgré ces évolutions positives, le rapport indique clairement que le contexte mondial est devenu plus difficile. Les conflits, les chocs climatiques, l’incertitude économique, les perturbations commerciales et la diminution de l’aide au développement exercent une pression supplémentaire sur les pays, en particulier ceux qui sont déjà confrontés à l’insécurité alimentaire et à des niveaux d’endettement élevés. Dans le même temps, le Secrétaire général affirme que les systèmes alimentaires offrent l’une des meilleures opportunités pour relever ces défis interdépendants grâce à des politiques mieux coordonnées, des partenariats plus solides et des investissements accrus.
Pour l’avenir, le rapport appelle à poursuivre les investissements dans des solutions menées par les pays, à renforcer la gouvernance, à établir des partenariats inclusifs et à favoriser une innovation responsable. Il souligne également l’importance de maintenir la dynamique politique grâce à un engagement régulier aux niveaux mondial et régional, afin de garantir que les systèmes alimentaires restent au cœur des efforts visant à accélérer les progrès vers la réalisation des Objectifs de développement durable dans les années à venir, jusqu’en 2030.