Comment les priorités nationales ont orienté la participation du Pôle au Forum sur les systèmes alimentaires africains 2026

17/09/2026

Kigali, Rwanda | 31 août - 4 septembre 2026

Plus de 5 000 participants venus de plus de 50 pays se sont réunis à Kigali à l’occasion du 20e Forum africain sur les systèmes alimentaires, organisé sous le thème « Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : nourrir les nations, créer des emplois, renforcer la résilience ». Tout au long de la semaine, les discussions ont porté sur la manière dont les pays peuvent aligner leurs priorités en matière de systèmes alimentaires sur les politiques, les institutions et les investissements nécessaires à leur mise en œuvre.

En amont du Forum, le Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires a publié des messages clés pour l’AFSF 2026, s’appuyant sur l’appel à l’action du Bilan 4 ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires, la 4e Réunion régionale africaine sur la transformation des systèmes alimentaires et son travail avec les Coordonnateurs nationaux des concertations sur les systèmes alimentaires. Ces messages mettaient en avant des priorités telles qu’une plus grande cohérence des politiques, un financement et des investissements pilotés par les pays, la résilience climatique, le leadership des jeunes, la science et l’innovation.

Ces priorités ont guidé l’engagement du Pôle à Kigali. Le Pôle a organisé ou coorganisé cinq événements et contribué à sept autres sessions du programme, dont quatre dans le cadre du programme principal, parallèlement à des réunions bilatérales avec des représentants nationaux et des partenaires. Tout au long de ces interactions, le Pôle a placé au cœur de ses préoccupations les priorités nationales et le rôle des Coordonnateurs nationaux des concertations sur les systèmes alimentaires.

Relier les feuilles de route nationales à l’agenda du PDDAA de Kampala

L’un des thèmes centraux à Kigali a été la relation entre les trajectoires nationales des pays en matière de systèmes alimentaires et la nouvelle décennie du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), dans le cadre de la Déclaration et du Plan d’action de Kampala.

Lors d’une session organisée conjointement par le Pôle et l’AUDA-NEPAD sur la cohérence des politiques relatives aux systèmes alimentaires dans le cadre du CAADP et de Kampala, les Coordonnateurs nationaux et les parties prenantes d’Algérie, du Botswana, de Tanzanie, du Rwanda et de Zambie ont expliqué comment leurs pays abordaient les questions de coordination, de financement et de responsabilité. À travers ces exemples nationaux, les besoins communs comprenaient une coordination renforcée entre les ministères, un financement durable et des liens plus étroits entre les systèmes alimentaires, le climat, le commerce et les priorités nationales de développement.

La discussion a également reflété l’accent mis par le Pôle, dans le cadre de l’AFSF 2026, sur un alignement plus étroit entre les trajectoires nationales des systèmes alimentaires, le CAADP de Kampala et les engagements mondiaux, ainsi que sur une collaboration renforcée entre les Coordonnateurs nationaux, les points focaux du CAADP et les ministères sectoriels.

Le Pôle a également réuni les coordonnateurs nationaux et les points focaux du CAADP pour un échange informel avec des collègues de l’AUDA-NEPAD et de la FAO, axé sur les priorités actuelles des pays et leurs besoins en matière de soutien. Les coordonnateurs ont souligné l’intérêt d’un alignement plus étroit entre le suivi des systèmes alimentaires et l’examen biennal du CAADP, ainsi que de liens plus clairs entre ses indicateurs et d’autres cadres de reporting. Les représentants nationaux invités par le Pôle ont également profité du Forum pour faire valoir directement l’expérience de leur pays lors des séances plénières, des événements parallèles et des discussions techniques.

 

Financer les actions menées par les pays

L’investissement étant au cœur du Forum, plusieurs interventions du Pôle ont porté sur la manière dont les pays peuvent élaborer des programmes et des plans d’investissement bien structurés autour des priorités nationales.

Lors d’une masterclass sur le financement des plans nationaux d’investissement dans les systèmes agroalimentaires (NASIP), le Pôle a mis en avant son partenariat avec l’AUDA-NEPAD ainsi que le soutien complémentaire disponible via plusieurs initiatives du Pôle. L’Initiative pour la convergence de la transformation des systèmes alimentaires et de l’action climatique, soutenue par les Pays-Bas et active dans huit pays africains, renforce la coordination entre les systèmes alimentaires, le climat et les priorités nationales connexes. Le « Scalable Success Model », soutenu par l’UE, apporte un soutien ciblé aux pays tout en renforçant les liens avec des cadres régionaux tels que le CAADP. Le volet « Transformation des systèmes alimentaires » du Fonds commun pour les ODD ajoute un mécanisme de financement, avec 29 programmes conjoints des Nations unies mis en œuvre dans 26 pays sous la direction des coordinateurs résidents. Ensemble, ces initiatives combinent coordination, soutien technique et financement autour des priorités nationales, en s’appuyant sur les institutions et structures existantes.

Le Pôle s’est également associé à des partenaires pour un événement parallèle organisé avec l’Accélérateur des systèmes agroalimentaires sur le thème « Traduire les plans relatifs aux systèmes alimentaires en actions concrètes », qui a examiné les obstacles pratiques auxquels les gouvernements sont confrontés lors du financement et de la mise en œuvre des plans nationaux. L’Accélérateur soutient le mandat du Pôle au niveau national en réunissant des partenaires techniques et des acteurs du financement de l’ autour des priorités nationales, en mettant l’accent sur les capacités institutionnelles et le séquençage nécessaires pour faire avancer les investissements.

 


Résilience climatique et solutions adaptées au contexte local

L’action pour le climat a été au cœur de nombreux débats de la semaine. Lors de la séance plénière du Forum consacrée à la résilience climatique, Khaled Eltaweel, coordinateur principal des programmes du Pôle, a souligné l’importance d’aligner les stratégies nationales en matière de systèmes alimentaires sur les contributions déterminées au niveau national (CDN) et les plans nationaux d’adaptation, afin que les pays puissent définir des priorités d’investissement plus claires et s’appropriant pleinement.

Dans huit pays africains, l’Initiative pour la convergence soutient déjà une coordination renforcée entre les systèmes alimentaires et les institutions et politiques climatiques, en s’appuyant sur les structures nationales existantes plutôt qu’en en créant de nouvelles en parallèle.

Un événement organisé par le Pôle en collaboration avec le gouvernement brésilien a présenté un autre exemple. Le programme brésilien de citernes a montré comment la collecte et le stockage des eaux de pluie, à un coût relativement faible, peuvent renforcer la production alimentaire, les moyens de subsistance et la résilience climatique dans les communautés semi-arides. La discussion a porté sur les enseignements que les pays peuvent tirer de telles expériences tout en adaptant les solutions à leur propre contexte.

Ce même principe a été mis en évidence lors d’une discussion du Forum sur la coopération Sud-Sud et triangulaire. Comme l’a souligné M. Eltaweel, « l’accent doit être mis sur l’adaptation plutôt que sur le simple transfert de modèles ». Les réunions régionales et les échanges entre pays organisés par le Pôle offrent aux gouvernements des espaces pour comparer leurs expériences et évaluer ce qui peut fonctionner dans leur propre contexte institutionnel, économique et environnemental.

 

Intégrer les jeunes et les données factuelles dans les décisions nationales

Le leadership des jeunes a occupé une place particulièrement importante dans le programme du Pôle à Kigali. Dans le cadre de son Programme de leadership des jeunes (YLP), le Pôle a organisé une session sur l’interface science-politique-société avec l’African Food Fellowship, réunissant de jeunes leaders, des chercheurs, des décideurs politiques et des Coordonnateurs nationaux pour discuter de la manière dont les données factuelles et l’expérience vécue peuvent éclairer les décisions relatives aux systèmes alimentaires nationaux. Conformément à la vision du PDDAA 2026-2035 en faveur d’une transformation inclusive et fondée sur la science, cette approche associe chaque session à un mécanisme national permettant de poursuivre le travail, ainsi qu’à une nouvelle cohorte de jeunes leaders capables de contribuer à la définition des priorités et au suivi au niveau national.

L’AFSF a également proposé aux participants un premier aperçu de la nouvelle boîte à outils du Programme de leadership des jeunes (YLP). Cette ressource en ligne, accessible à son propre rythme, comprend sept modules et 83 leçons sur la pensée systémique, la prospective, la collaboration, la création de partenariats, le plaidoyer et l’action stratégique. Les membres de la première promotion du programme ont contribué directement à son élaboration, en s’appuyant sur leur propre expérience du YLP. Développée avec le soutien du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et de Foresight4Food, cette boîte à outils sera officiellement lancée le 30 septembre. 

La science a également été au cœur d’un débat plus large sur l’avenir des systèmes alimentaires africains. En collaboration avec le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et l’Union africaine, Le Pôle a soutenu une consultation des parties prenantes dans le cadre d’une étude de prospective stratégique visant à déterminer ce dont l’Afrique aura besoin pour nourrir durablement une population estimée à 2,5 milliards de personnes d’ici 2050. Les participants ont examiné les changements démographiques et d’urbanisation, la mobilité transfrontalière et d’autres tendances émergentes susceptibles d’influencer les choix politiques et d’investissement dans les années à venir.

 

Relier l’expérience nationale à l’action régionale

Une grande partie du travail du Pôle à Kigali s’est également déroulée en dehors des sessions officielles. Des réunions bilatérales ont permis au Pôle de rencontrer les Coordonnateurs nationaux, l’AUDA-NEPAD, le Réseau parlementaire africain sur les systèmes alimentaires, le FARA, le Partenariat alimentaire néerlandais, le ministère néerlandais des Affaires étrangères, l’Accélérateur des systèmes agroalimentaires et d’autres partenaires. Ces échanges ont renforcé la collaboration au sein de l’écosystème de soutien au sens large et ont donné au Pôle une base plus solide pour rassembler les partenaires pertinents autour des priorités nationales.

Une réunion avec le Dr Ibrahim Assane Mayaki, envoyé spécial de l’Union africaine pour les systèmes alimentaires, a porté sur un programme ambitieux en matière de systèmes alimentaires pour l’Afrique, comprenant la gouvernance, la science, un alignement plus étroit sur le CAADP de Kampala et un soutien continu aux Feuilles de route nationales des systèmes alimentaires.

Le Forum s’est également appuyé sur la 4e réunion régionale africaine sur la transformation des systèmes alimentaires, organisée à Accra en mai, au cours de laquelle les Coordonnateurs nationaux avaient mis en avant bon nombre de ces mêmes priorités : une coordination institutionnelle renforcée, la cohérence des politiques, le financement et l’investissement, des systèmes alimentaires résilients, le leadership des Jeunes et un renforcement des échanges régionaux. À Kigali, ces thèmes ont été abordés dans le cadre de discussions plus larges avec les gouvernements, les investisseurs, les institutions régionales, les chercheurs et le Secteur privé.

Le travail se poursuit désormais au niveau national, où les institutions nationales, les Coordonnateurs nationaux et les partenaires s’appuieront sur ces discussions pour définir les budgets, les plans d’investissement et la prochaine phase des actions menées sous l’impulsion des pays.